REGARDS / la réconciliation ou le retour d’un mot en souffrance

Politique

Par Gabin Djité

Quel être vivant, humain (ou animal), peut prétendre prolonger la nuit de façon éternelle, c’est-à-dire empêcher le soleil de se lever pour un nouveau jour ?


On a l’impression, sur la place publique ivoirienne, en écoutant des responsables ou considérés comme tels, que ce qu’ils disent ou débitent l’est dans une sorte de vase clos, uniquement dit ou débité par eux et reçu par les Ivoiriens et les Ivoiriens seulement. Mais non, la presse écrite, les médias et les réseaux sociaux relaient abondamment les décrets des uns ou les délires des autres.


Avant le retour de Laurent GBAGBO en Côte d’Ivoire en juin 2021, il y en a eu ici qui ont proféré tout sauf ce qu’il fallait dire pour s’apaiser eux-mêmes. Qu’est-ce à dire ? Le sage dit : ‘’qui se sent morveux se mouche’’. Alors comme ça, devant des millions de consciences vivant en Côte d’Ivoire, devant plusieurs autres millions de citoyens vivant à travers le monde, donc d’innombrables témoins, l’on assiste à ce jour, à des sorties pour le moins curieuses de la part de responsables politiques, de journalistes, et même de religieux qui feraient douter plus d’un fidèle.


En effet, comment peut-on se prévaloir d’être un démocrate et parler à autrui comme un directeur de conscience ? Surtout quand cet autrui, a été, président de la République ? Ne dit-on pas que, qui ne respecte pas ne sera pas respecté ? L’autre question est : celui qui manque du respect à autrui ne manque pas du respect à sa propre personne d’abord ?


On ne peut pas parler de réconciliation nationale et dans le même temps, la refuser. Cela n’a pas de sens. A moins que toute conscience qui opère ainsi ait trop de vilaines choses à se reprocher. Vraiment ! La réconciliation ? Si ce mot pouvait parler, il nous aurait égrené ses innombrables douleurs depuis que tous les pyromanes avérés de la place politique ivoirienne utilisent ce mot (réconciliation) pour se donner bonne conscience ou pour gagner( ?) du temps. La réconciliation. Ce mot, fait-il peur ? A qui ?


A mon avis, ce mot La réconciliation, ce ne sera pas ce curieux dos-à-dos sans suite tangible signé de la main de feu Seydou DIARRA en 2001, après un long forum. La réconciliation, c’est d’abord et avant tout une épreuve de vérité. La réconciliation, c’est un exercice où on part de ce qui s’est passé, qui est mauvais, pour aboutir à un nouveau départ. 


Or, dans tout ce qui s’est passé (et qui est mauvais.), réside toute la peur de beaucoup de nos compatriotes. Les discours, les journaux et autres films qui ont engendré la haine ici en Côte d’Ivoire sont encore vivaces dans bien des consciences. Les preuves innombrables sont là et circulent partout dans le monde. Or quand mal et crimes il y a eu, selon tout bon sage du village, c’est bien le bourreau, et non la victime de massacres, qui a des nuits de sommeil troublé. Alors, vouloir distraire l’opinion publique par des menaces ouvertes ou voilées, dire le matin et se dédire le soir ou le lendemain, est et reste un jeu puéril, voire inutile. Etre vivant, donc simple mortel, peut-on fuir la mort, jusqu’à quand ? Ou quel est cet humain qui serait capable de cacher le soleil avec sa main ?


Aux professionnels des menaces et des décrets tordus, j’avais dit et écrit précédemment ici que nul, en bien ou en mal, ne peut échapper à son destin. Pour la simple raison que vu et su ce qui s’est passé en Côte d’Ivoire depuis vingt ans, la Cour pénale internationale ne peut pas innocenter et acquitter Laurent GBAGBO puis se croiser les bras, à mi-chemin. Un procès est un procès, il faut bien aller au terme de ce demi-procès qui a blanchi Laurent GBAGBO. Autrement dit, les mystificateurs perturbés et autres détourneurs de l’attention des Ivoiriens sur la suite logique à venir dans cette affaire peuvent continuer de s’illusionner : quelle que soit la longueur de leur nuit inventée, le jour de vérité va finir par briller ! Et délivré à jamais, le mot ‘’réconciliation’’ ne souffrira plus de leurs maltraitances !

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