REGARDS/Il Etait Une Fois Nahibly, Il Y A Neuf Ans

Politique
Par Gabin Djité

Le mardi 20 Juillet 2021, cela va faire neuf ans que des hommes, des femmes et des enfants de la communauté ethnique Wê (dont je suis) ont été massacrés en présence des autorités administratives et militaires au camp des réfugiés de Nahibly, dans la commune de Duékoué, au vu et au su des soldats de l’O.N.U. Mais depuis toutes ces longues années, aucune enquête n’a été menée par la justice pour appréhender les coupables de cette odieuse boucherie !
A l’heure où des laudateurs de la réconciliation nationale veulent imposer une omerta sur le passé, comme si un malade pouvait prétendre à la guérison en cachant le mal dont il souffre à son médecin, je pose ici la question de savoir quand est-ce qu’elles vont démarrer enfin, ces journées de la réconciliation, afin que soit évacué une fois pour toutes ce dossier sur tous les horribles massacres qui ont été perpétrés contre une seule et même ethnie, en toute impunité, de nombreuses années durant. Afin aussi que le monde entier et non la supposée communauté internationale avec ses avatars d’organisations non-gouvernementales, sache comment ou qu’est-ce qui a bien pu se passer pour que des milliers d’autochtones Wê, expropriés de tout bien et soumis par la force des armes, ont été réduits à l’état de réfugiés, sur les terres de leurs ancêtres.
N’en déplaise donc à toutes ces volontés lugubres, adeptes de la loi du silence : on pourra toujours pardonner à tous ces fous et autres auteurs de massacres, mais au moins, que la justice fasse ce qui au préalable guérit et soulage l’âme de toute victime, c’est-à-dire arrêter et punir les coupables ! Des coupables qui ne sont ni inconnus, ni invisibles. Autrement dit, l’étape ou le procès de Amadè Ouérémi, le Burkinabé naguère roi du parc du mont Péko, n’apparaîtra plus à nos yeux comme une triste mise en scène. Même si, à son corps défendant, Ouérémi, sur cette question, est en phase avec ses victimes, réclamant lui aussi, plus de transparence et de justice, arguant qu’il n’a pas été seul à cette sale tache, vu l’ampleur des massacres commis à Duékoué !
Les massacres de Nahibly ? C’était il y a neuf ans, jour pour jour. Plus près de nous, c’est-à-dire fin décembre 2020, les forces de terreur et du mal ont encore sévi à Guézon, toujours dans le comté de Duékoué, brûlant vifs des enfants en plein sommeil. Mais depuis cette date aussi, pas de justice, comme si cela était normal. Et comble de l’ironie, les victimes Wê gèrent patiemment leurs douleurs et frustrations, la justice se mure dans un silence assourdissant quand des voix s’élèvent pour intimer l’ordre de se taire sur tout ce qui s’est passé ! On croit rêver, mais non, réalisons tout simplement que tant que chaque individu, en dépit de la loi, s’accommodera de faire prévaloir l’argument de la force, disons ici de la menace et de la violence gratuite, sur la force des arguments, la justice et notre volonté de démocratie ne seront que des leurres.
Alors, pour une Côte d’Ivoire guérie de tous ses maux, apaisée et démocratique, à quand la vérité et la justice, en amont de toute vraie volonté de réconciliation ?


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