Réforme de la CEI/Le Gouvernement fait la sourde oreille

Politique

Est-ce vrai que, quand Dieu veut te perdre, il endurcit ton cœur ? C’est ce que disent les Ecritures. C’est ce que disent les sages. C’est quelle équipe, on ne lui parle pas ! C’est devant tous ici que le 15 juillet 2020, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) a produit un arrêt sur la réforme de la Commission électorale indépendante (CEI). Elle a bien dit : « La Cour a noté le déséquilibre manifeste du nombre de présidents de Commissions électorales locales proposés par le parti au pouvoir. En outre, elle a souligné l’absence d’un mécanisme garantissant que le processus de nomination des membres de l’organe électoral par les partis politiques, notamment les partis d’opposition et les OSC, soit piloté par ces entités. Cependant, la Cour a relevé que le déséquilibre manifeste qui subsiste dans les présidences des Commissions électorales locales est lié à l’application de la loi et non au contenu de la loi. »

On a tous vu. La Cour africaine des droits de l’homme et des peuples a souligné ceci : « La Cour a ordonné à l’État défendeur de prendre les mesures nécessaires pour garantir que de nouvelles élections du Bureau fondées sur la nouvelle composition de l’organe électoral soient organisées aux niveaux locaux. » Après avoir dit cela, la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples s’est montrée ferme sur ce qui suit : “La Cour a ainsi ordonné à l’État défendeur de prendre les mesures nécessaires avant toute élection pour garantir que le processus de nomination des membres de l’organe électoral proposés par les partis politiques, notamment les partis d’opposition, ainsi que les OSC, soit piloté par ces entités, sur la base de critères prédéterminés, avec le pouvoir de s’organiser, de se consulter, de tenir des élections, si nécessaire et de présenter les candidats nominés appropriés».

Mais voilà que le Gouvernement Ouattara, à travers son porte-parole Sidi Touré, fait de la résistance, la sourde oreille ! Il laisse croire, dans une déclaration du vendredi 24 juillet 2020, que le Gouvernement a trop fait de concession à l’opposition, et que ladite CEI serait irréprochable : « Il est important de rappeler que la CEI, dans sa composition actuelle est le fruit d’un consensus national, issu du dialogue politique mené par le Premier Ministre Amadou Gon Coulibaly du 21 janvier au 26 Juin 2019. (…) Nous sommes à quelques semaines du 31 octobre. Parler de dissolution d’organes en charge des élections au regard de ce qui précède, au regard des concessions faites par le pouvoir en place, et au regard des délais qui restent à la CEI pour organiser ce scrutin, n’est qu’un moyen pour cette partie de l’opposition de gagner du temps. Nous ne nous inscrivons pas dans cette dynamique. »

En disant « Nous sommes à quelques semaines du 31 octobre (Ndlr, date constitutionnelle de la présidentielle 2020) », on voit bien que le Gouvernement se moque de cet ordre de la CADHP : “La Cour a ainsi ordonné à l’État défendeur de prendre les mesures nécessaires avant toute élection ». Il veut faire un passage en force : la sourde oreille. Le monde entier est témoin.

Germain Séhoué

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