Expropriation foncière/ Comment les terrains sont arrachés en Côte d’Ivoire : le cas d’un Libanais

Dossiers

On ne sait plus le nombre de personnes qui pleurent en silence en Côte d’Ivoire parce qu’on a arraché leur terrain. Leur lopin de terre constituant souvent leur seul patrimoine et bien. Depuis l’avènement aux affaires de Monsieur et Madame KI-DEDROA (appelons-les comme ça) et de leur attelage d’affairistes agressifs tels des rapaces, les terrains nus ou même en construction en panne, sont traqués. Parce que l’appropriation de foncier ivoirien est dans leur plan de conquête. Si bien que certains propriétaires sont obligés d’afficher une pancarte ou la mention « Ce terrain n’est pas à vendre » sur leur lot. Mais ce sont les plus chanceux qui reçoivent des propositions de vente. Sinon, c’est de force que les terrains sont pris et attribués à d’autres personnes, derrière lesquelles se cache une puissance.

Un terrain nu, attire la convoitise.

Exemple de personne à qui l’on a arraché le terrain sans même l’approcher. Un jour, j’étais dans un bureau de la mairie de Koumassi. Une dame d’un certain âge négocie un rendez-vous avec le maire Cissé Bacongo. Elle ne tient pas forcément à le rencontrer. Elle veut seulement qu’il l’aide à résoudre son problème. Elle explique donc son souci au collaborateur du maire. Et elle explique, en larmes. Elle est malade. Elle vit en France. Elle a subi 12 opérations chirurgicales. Et elle doit passer encore sur la table d’opération. Elle a déjà dépensé dans ces soins 75 millions. Il lui faut de l’argent pour la suite de ses soins. Elle veut vendre son terrain, de sorte que si elle a, au moins une avance de 100 millions, elle puisse faire face à ses problèmes de santé. Mais voilà que les Services de Mme KI-DEDROA ont mis la main sur son terrain. Ils y ont entrepris des travaux. Sans son avis. Elle a tout fait, sans succès. Des gens lui ont conseillé de faire du scandale, de saisir les journaux, mais elle n’a pas voulu choisir cette voie. Parce qu’elle a été collaboratrice de M. KI-DEDROA lorsqu’il était Premier ministre. C’est pourquoi elle vient voir le ministre Cissé Bacongo, maire de Koumassi, qui est « juriste » afin qu’il intercède pour elle auprès de Mme KI-DEDROA pour qu’elle lui rende son terrain. Cette Maman était en larmes devant le collaborateur du maire. Et je n’en croyais pas mes oreilles. Or donc c’est vrai ! Bien sûr que c’est vrai ! 
Les gens se sont mis arracher des terres, des terrains. Et cela, à Abidjan, Bergerville, Ahoué, Songon. La plupart des sociétés foncières qui se créent, des grands immeubles qui se construisent aujourd’hui, ce sont eux : les KI-DEDROA et leurs hommes.

Si vous avez un terrain bien placé qui lui plaît, Mme KI-DEDROA par personne interposée, vous approche et vous propose le rachat. Si vous refusez, ses hommes vont au ministère de la Construction et font attribuer votre terrain à Mme KI-DEDROA, disons à un prête-nom. Parce que ce serait trop flagrant de le faire en son propre nom.

Des terrains avec même de vieux bâtiments inachevés intéressent les KI-DEDROA pour rachat.

L’histoire du terrain d’un Libanais 

Un dossier très sérieux, mais que j’ai décidé de vous proposer sous un style plus convivial.
Terrains arrachés ? L’exemple patent en la matière, c’est à Cocody dans les environs d’un ancien médecin d’Houphouët-Boigny. A proximité de Sol Béni, route du quai du transport lagunaire STL. Il y avait un espace vide où l’on cultivait des salades, tomates et autres.


Ce terrain appartenait à un Libanais. Il en avait même le titre foncier avant l’avènement du régime des honorables KI-DEDROA. Il avait projeté y construire une résidence, comme l’espace est grand. Mais ce terrain frappe l’œil de Mme KI-DEDROA. Ça l’intéresse. Elle fait appeler donc le Libanais. On lui dit : c’est à toi tout ce terrain, mais nous, on veut le racheter. Le Libanais dit : « Je ne le vends pas. » « Tu ne vends pas ? D’accord ! » On vient voir le ministre de la Construction, un des leurs. On annule tous ses documents relatifs au terrain. Et on attribue le terrain à quelqu’un d’autre. 

Cet immeuble n’a rien à avoir avec notre sujet, c’est pour montrer la beauté des constructions à Abidjan.


Le Libanais va voir son Ambassade. Ambassade du Liban. Il expose son problème : Les gens veulent m’exproprier alors que moi, j’ai un projet et j’ai l’argent pour commencer. On me dit qu’il faut que je vende, mais je ne veux pas. L’Ambassadeur du Liban en Côte d’Ivoire saisit Michel Ayoun, le Président libanais. Mais il se trouve que Ayoun est un ami de M. KI-DEDROA. Ils sont dans la même loge maçonnique. Le monde est petit, non ? Ils se connaissent tous et fréquentent les mêmes loges. Alors Michel Ayoun appelle M. KI-DEDROA : Il me revient qu’un de mes compatriotes a des soucis avec la Construction et que c’est à l’instigation de Mme KI-DEDROA. M. KI-DEDROA dit : je vais m’informer, je te rappelle. Il appelle Mme KI-DEDROA : Est-ce que tu es au courant d’une affaire (…), on dit que c’est toi qui es au-devant de cette affaire…

La traque des terrains fait race à Abidjan.


Mais avec toute son autorité, Mme KI-DEDROA se raidit et lui dit net : Enlève ta bouche dedans ! Enlève ta bouche dans ça ! Alors M. KI-DEDROA rappelle Michel Ayoun et avoue : le dossier-là, où c’est arrivé là, c’est un peu compliqué… Il faut voir si ton compatriote peut prendre un autre terrain. Sinon là où c’est arrivé, c’est trop compliqué. Le Président Michel Ayoun appelle l’Ambassadeur. Il dit : Ah, j’ai vu mon ami, mais il faut voir si on peut plaider, trouver à notre frère un autre site, sinon, là-là, le dossier est trop avancé. L’Ambassadeur appelle le pauvre Libanais et lui transmet la proposition. Alors le Libanais, K.O, dit : c’est bon ! Je ne veux plus de terrain. Je vais faire autre chose.


Parce que là où Mme KI-DEDROA a fait reculer son tout-puissant mari, le Libanais sait que s’il persiste, il sait à quoi s’attendre. Dossier clos. Tout comme ma bouche.

Germain Séhoué
gs05895444@yahoo.fr 

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