Enrôlement 2020 : Prélude à un autre désastre

Politique

Déclaration du Comité d’actions pour la Côte d’Ivoire (C.A.C.I)

Pour les élections de 2020, les partis politiques de l’opposition significative et des organisations crédibles de la société civile ont ouvertement appelé les Ivoiriens et Ivoiriennes à s’enrôler sur les listes électorales.

A sa rencontre bimensuelle de juin 2020, le Comité d’actions pour la Côte d’Ivoire (C.A.C.I) a pris acte de cet appel et y a marqué son soutien, non sans relever des incohérences qui peuvent perpétuer l’échec de la démocratie en Côte d’Ivoire.

Entre le 13 et le 24 juin 2020, le C.A.C.I a visité des sites des opérations d’enrôlement, communiqué avec les représentants des partis de l’opposition, et reçu des rapports des Ivoiriens et Ivoiriennes de la Diaspora. Les commentaires suivants découlent de ces observations et échanges.  

Notre objectif est d’attirer l’attention de la classe politique ivoirienne sur des disfonctionnements qui préparent le terrain d’un nouveau désastre électoral et une prolongation inutile de l’instabilité politique en Côte d’Ivoire

  1. Sur l’appel à l’enrôlement

Le C.A.C.I note que, contrairement à 2015 et 2016, les partis de l’opposition ont, à l’unanimité, appelé à l’enrôlement des électeurs et électrices. C’est une décision très louable au vu de l’engouement des Ivoiriens et Ivoiriennes à participer au processus pour mettre fin à la dictature de M. A. Dramane Ouattara et son régime illégal et illégitime. Dans la diaspora, notamment aux Etats-Unis, les représentants des partis de l’opposition ont relayé l’appel à travers les réseaux sociaux, les déplacements sur les lieux d’enrôlement, et les appels téléphoniques. Cependant, la mobilisation exemplaire n’efface pas les disfonctionnements que nous avons observés et qui préparent le terrain à un nouveau désastre.

  • Sur les ambiguïtés de la posture de l’opposition

S’il est bien d’applaudir, relayer, et mettre en application l’appel de l’opposition à l’enrôlement, il est encore plus utile de noter que, tel que présenté aux Ivoiriens et Ivoiriennes, cet appel laisse au régime d’A. Dramane Ouattara toutes les initiatives de conduire le processus électoral à sa guise. Cela n’assainit pas le contexte général dans lequel des élections démocratiques c’est-à-dire libres, apaisées, transparentes, et inclusives devraient se dérouler.

Eviter les violences post-électorales.

Les partis de l’opposition font des efforts indéniables et très louables mais l’incohérence de leur message ne permet pas à la grande majorité des Ivoiriens et Ivoiriennes d’avoir une lisibilité sur les moyens et actions pour mettre fin au régime d’A. Dramane Ouattara. Les questions suivantes restent posées :

  1. La période de l’enrôlement : elle est brève. La prolongation au 30 juin, puis au 5 juillet ne résout aucune difficulté. Au contraire, elle souligne l’incongruité du processus
  2. La fiabilité du processus : il y a des raisons d’en douter avec l’enrôlement des étrangers sur les listes électorales et la présence active des dirigeants du RHDP dans les bureaux d’enrôlement
  3. Le coût des pièces d’identité nécessaires à l’enrôlement : ce coût est excessif.
  4. Le rejet des revendications de l’opposition : la Commission Electorale et le découpage électoral actuel sont à l’avantage du RHDP. Ils ne garantissent pas une élection crédible.   
  5. Le rejet de la décision de la Cour Africaine des Droits des Hommes et des Peuples
  6. La sécurité : elle est absente sur toute l’étendue du territoire ivoirien.
  7. La réconciliation nationale : l’échec de la réconciliation nationale fait persister la fracture sociologique
  8. Le rôle trop prépondérant du régime d’A. Dramane Ouattara dans l’organisation des prochaines élections.

Il serait impératif que dans les meilleurs délais, l’opposition articule un message cohérent à communiquer aux populations et aux organes de relais que constitue la Diaspora ivoirienne patriote.

  • Sur la transition : Aucune goutte de sang supplémentaire ne mérite d’être versée en Côte d’Ivoire

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, la fraude électorale massive que prépare le régime illégal et illégitime d’A. Dramane Ouattara et l’improvisation des partis et groupements de l’opposition significative dans la gestion actuelle du processus électoral vont conduire la Côte d’Ivoire à de nouvelles violences regrettables. Pourtant, aucune goutte de sang supplémentaire ne mérite d’être versée en Côte d’Ivoire

Dès lors, l’urgence et la gravité de la situation actuelle imposent à la classe politique ivoirienne une approche systématique dans le cadre unique d’une transition politique pour mettre fin à la longue parenthèse de sang qui s’est ouverte depuis 1990. Ivoiriens et Ivoiriennes, chers compatriotes, la meilleure alternative qui s’offre à notre pays, c’est une transition politique inclusive pour ouvrir une période de dialogue nationale et assainir le climat social et politique.   

Fait aux Etats-Unis, le 30 juin 2020

Pour le C.A.C.I – USA

Eric Edi, PhD.

Secrétaire Exécutif 

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