Décès/L’histoire retiendra : Ce que la France voulait pour Seydou Diarra

Politique

L’ex-Premier ministre ivoirien, Elimane Seydou Diarra,  vient de s’éteindre à 87 ans, le dimanche 19 juillet 2020. Premier ministre sous la junte militaire du Général Robert Guéi, puis président du Forum de la réconciliation nationale mis en place par le président Laurent Gbagbo en 2001, Elimane Seydou Diarra surprendra les Ivoiriens par sa proximité avec l’Elysée, au détriment de la souveraineté de la Côte d’Ivoire. La rébellion de 2002 fait rage. Il y a plusieurs morts. Le pays est dans la tourmente. Des sommets de recherche de paix se succèdent en Afrique : Accords Accra 1 Accra 2, Accra 3, Lomé… Mais Paris et les rebelles de Guillaume Soro font tout pour faire échouer ces rencontres en terre africaine. Pendant tout ce temps de recherche de solution, où Laurent Dona Fologo, président du Conseil économique et social, est mis à contribution, Elimane Seydou Diarra, ex-président du Forum de la réconciliation, est introuvable.

En 2003, la France convoque une rencontre entre les parties ivoiriennes dans un terrain de rugby à Kléber, en banlieue parisienne. Ce qu’on appelait à l’époque le « bloc rebelle », c’est-à-dire les factions rebelles (MPCI, MPIGO, MJP) et leurs soutiens du RHDP, était d’un côté, adoubé par Paris et, de l’autre, le FPI conduit par Pascal Affi N’Guessan, son président et le président de l’Assemblée nationale, Mamadou Koulibaly. Et c’est ce sommet dirigé par la France qui impose au président Laurent Gbagbo, un Premier ministre. Gbagbo, presque séquestré en France, devait nommer absolument ce Premier ministre à l’Ambassade de la Côte d’Ivoire à Paris, avant de bouger de là. Et, surprise des surprises, cette personnalité à nommer n’est autre que notre Premier ministre Elimane Seydou Diarra ! L’homme qu’on ne voyait plus depuis que la rébellion a éclaté et que le pays cherche des médiateurs pour la paix.  Donc Elimane Seydou Diarra est nommé et la Côte d’Ivoire est secouée. Mais ce que la France veut le plus, c’est que, faute d’avoir parfait son coup d’Etat en enlevant le président Gbagbo du pouvoir, il fallait le dépouiller de toute prérogative pour transférer ce pouvoir d’un président élu, à ce Premier ministre nommé, notre cher Elimane Seydou Diarra !

Le PM. Elimane Seydou Diarra et Thabo MBeki, ex-président sud-africain

Alors cela, ajouté aux caprices de Guillaume Soro qui exige le ministère de la Défense pour le compte de la rébellion, met les rues d’Abidjan en transe. Les patriotes sont en colère. Gbagbo les calme, les invitant à avaler le médicament, même s’il est amer. Elimane Seydou Diarra est donc Premier ministre sous Gbagbo. Mais la Communauté internationale qui l’a suscité, reconnait qu’il a échoué dans sa mission d’amener le pays à la paix. Au suivant ! C’est-à-dire Charles Konan Banny, Premier ministre. Voilà donc ce que l’histoire retiendra aussi de notre cher Elimane Seydou Diarra. La France voulait lui donner le pouvoir d’un président élu, lui, Premier ministre nommé. Ça n’a pas marché. Il sera plus tard récompensé pour ses efforts par Alassane Ouattara qui l’a nommé président de la Haute autorité pour la bonne gouvernance. Les Ivoiriens se souviendront bien d’Elimane Seydou Diarra. Paix à son âme.

Germain séhoué

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