Débat sur l’homosexualité : Germain Séhoué a ouvert le « Procès », anti et partisans s’affrontent…

Société

L’homosexualité va-t-elle être légalisée en Côte d’Ivoire ? Question tient en ce moment de la majorité des députés ivoiriens. Mais relativement au débat sur la pratique même, l’auteur Germain Séhoué avait anticipé dans un procès au cœur du Roman LA DERIVE DE L’AMBASSADEUR paru en 2002, chez Agence Plume Libre. Un procès fictif digne d’intérêt parce que la trame est tirée de notre quotidien.  Extrait du procès contre Vanlaski qui mêle homosexualité et pédophilie.

« Me voici devant le prétoire. J’ai endossé le costume que Vanlaski préfère. Je ne sais pas pourquoi, je suis de très bonne humeur ce matin. C’est tant mieux. Je me racle la gorge. Je considère les membres du Tribunal, puis, l’auditoire. Je jette un dernier coup d’œil à Célestine et je prends la parole :

– Monsieur le président, mesdames et messieurs les membres du Tribunal, je voudrais solliciter d’avance votre indulgence pour le temps que va nécessiter ma plaidoirie. Car le sujet est d’une importance capitale et il ne faut pas le survoler. Permettez-moi également, avant d’élever le verbe et de vous livrer ici les éléments de l’accusation, de saluer la mémoire de nos jeunes frères disparus. Oui, je voudrais, les larmes aux yeux, saluer la mémoire de ces valeureux membres de notre jeunesse tombés comme à la guerre, des suites du coït pervers et apocalyptique d’un homme sans cœur, d’un monstre moderne qui n’a pas craint de détruire le bonheur de sa femme et de sa propre fille. Je voudrais pleurer la vie trop tôt usée et brisée du jeune Issa tué par son amitié avec Vanlaski.

»Mes larmes sont chaudes pour l’innocent Yapo Denis plein d’ambitions, qui a eu la malchance de croiser le chemin du diplomate de malheur. Je souffre dans mon âme pour la mort prématurée du dynamique Eric Déchanson arraché à sa femme inconsolable, fille même de son volcanique amant sodomite, et à sa patrie, la France.

»Je pleure comme les familles de tous ces jeunes gens et bien d’autres encore tapis dans l’anonymat, victimes des détestables passions comme celle de mon ex-amant de circonstance Silver Vanlaski ici présent.

La salle est attentive. Tous les regards sont rivés sur ma personne. Le moment est grave. Je jette un coup d’œil du côté de l’accusé. De son banc, il me dévore d’un regard de braise. A quoi pense-t-il en ce moment ? A nos amours passées ? A ma traîtrise ? Aux mots que je prépare pour sa perte ? A une terrible vengeance future ? A quoi pense-t-il avec cette tête qu’il fait ? Envisage-t-il de me supprimer dès qu’il en aura l’occasion? Je sais que derrière ce masque séduisant, même dans la détresse, se trament des projets diaboliques. Qu’il imagine ce qu’il veut : rien ne brisera mon élan. Je poursuis :

– Oui, j’ai fait l’amour avec l’ambassadeur du Gx. Tels un homme et une femme peuvent s’accoupler sans charge affective pour les besoins du cinéma, j’ai fait l’amour, dans la mesure de mes possibilités, avec le diplomate Silver Vanlaski par nécessité professionnelle, pour les besoins d’investigation aux fins d’une production intellectuelle. J’ai expérimenté cette pratique malheureuse, non pas parce que inspiré par la lubricité, ni pour bénéficier d’une quelconque protection ou pour conserverunerelation privilégiée ou encore pour un besoin de domination, ni pour ma survie. J’ai fréquenté l’homosexuel pour connaître ses pratiques, avoir des arguments afin de l’empêcher de nuire. En somme, pour combattre l’ennemi, il faut le connaître, et bien le connaître.

»Telle est la mission du journaliste d’investigation, tel est le rôle de l’écrivain moderne. Je connais donc l’homme jusqu’en dessous de la ceinture. Je n’ignore pas, par conséquent, ces choses-là…

»Elles commencent généralement par des masturbations avec fantasmes hétérosexuels, puis le sujet passe l’étape des masturbations avec des fantasmes homosexuels, ensuite, il accède à l’homosexualité épisodique, et enfin parvient à l’homosexualité habituelle.

»Que recherchent les hommes et les femmes, dans la logique du sexe commun ou dans la pédophilie ?

»Faisons un peu d’histoire. Une pratique grecque voulait que les jeunes gens beaux, forts, athlétiques, les éphèbes, promis aux grandes compétitions sportives internationales à Olympie, soient l’objet de cuissage homosexuel. Cette tradition instituée par des philosophes décadents, assimilait ces jeunes gens pleins de vie à un arbre. Parce qu’un arbre vit à partir de sa sève. La source de cette sève du pouvoir, chez l’homme, étant censée cachée dans la zone de l’anus, le rapport homosexuel, la sodomie rituelle a pour but de tirer, par une certaine mystique au cours de l’accouplement, toute la substance, tout l’élan vital de l’autre. Et plus le partenaire est jeune, plus fraîche et plus riche semble être cette sève.

»A partir du moment où je greffe à mon existence la force vitale de l’autre, son rayonnement, sa jeunesse, je me retrouve dans la situation de quelqu’un qui a acheté un élixir de longévité, de prospérité et de puissance. Ce breuvage absorbé au cours du rapport homosexuel, cette énergie volée à l’autre, contient trois forces essentielles : « Jouissance, puissance et possession ».

»Quant à l’actualité, la recherche du simple plaisir sexuel n’est pas non plus la raison déterminante à l’origine d’une telle dérive. Si certains hommes et certaines femmes sont rivés à la pratique de l’homosexualité, de la pédérastie (sodomie du jeune adolescent), de la pédophilie (l’acte sexuel avec un prépubère), de la gérontophilie (sodomie du vieillard) et du lesbianisme (homosexualité féminine) pour acquérir le prestige et la prospérité, d’autres, par contre, visent la longévité politique, la puissance et bien d’autres privilèges souvent capricieux lorsque vous ne bénéficiez pas d’un coup de pouce. Ces personnes appartiennent, dans la plupart des cas, à des sociétés secrètes, des sectes, où ces pratiques associées à d’autres procédés mystiques sont indiquées ou imposées pour gravir allègrement l’échelle sociale ou pour atteindre un but particulièrement avantageux.

»Notez mesdames et messieurs les représentants de la loi, que M. Silver Vanlaski ici présent en est à un degré supérieur. Il est intégré dans la culture intime de l’homosexualité qui est pour lui un idéal de vie, un objectif philosophique… Ainsi, pratique-t-il l’homosexualité comme une défense contre l’isolement charnel, sentimental et intellectuel, alors que le beau sexe, les nanas, ça pleure…

Je marque le pas, profite des ricanements de l’auditoire pour respirer profondément avant de me tourner vers les femmes et les hommes en toge :

– Mesdames et messieurs, ce n’est pas tout. C’est au contact de son ami et associé Peter Williams Gustman, un riche industriel Sud-Africain, Fourmi blanche, que Silver Vanlaski, qui, à travers des prête-noms, venait d’entrer dans le monde des affaires, s’est initié aux plaisirs de l’homosexualité à Johannesburg il y a dix années. 

»L’idylle commence en février 1989. Le fringant ambassadeur entamait à peine sa deuxième année de mission à Dakar lorsque l’heureux et richissime afrikaner a fait sa connaissance au cours d’une journée portes ouvertes organisée par l’ambassade du Gx au Sénégal, en vue de mieux faire découvrir les potentialités culturelles de ce pays. Trois mois plus tard, précisément le 26 mai 1989, le « nom » de Vanlaski figurait parmi les promoteurs de la puissante société de Communication Forever, dont les émissions télévisées couvrent aujourd’hui plus de la moitié du territoire national.

»Les prétextes de réunions d’associés, de bilan de fin d’année et de bien d’autres rencontres sont bons pour être près du généreux parrain milliardaire.

»Dès lors, la vie du diplomate marié a fait, sans présélection aucune, une bifurcation amorale. Et la première victime de cette liaison dorée est naturellement Marie-Laure Vanlaski qui continue, naïvement d’ailleurs, de recevoir les présents hypnotiques du solide et pétulant septuagénaire Sud-Africain, sans se douter jusqu’à ce jour, qu’il s’agit là d’une manœuvre de diversion de son principal rival.

»Mais les rapports sexuels contre nature ne seront pas seulement mielleux pour les amoureux chercheurs de fortune. Le 18 septembre 1992, ils provoquent chez l’ambassadeur qui jouait auprès de son exigeant tuteur économique le rôle de femme, de térébrantes douleurs abdominales. L’indescriptible scène de panique s’est produite au troisième étage du somptueux hôtel The Free-Man en pleincœur de Johannesburg. Hôtel pourtant interdit aux Noirs à l’époque. Heureusement, le bonheur a voulu que la chirurgie sud-africaine connût des progrès considérables. Vanlaski est opéré d’urgence d’une hernie interne aux frais de son compagnon éperdu de remords. C’est seulement à partir de cette expérience cicatrisée que l’époux de Marie-Laure est devenu homosexuel pénétrant exclusif. »

Extrait de LA DERIVE DE L’AMBASSADEUR

 (Roman, Agence Plume Libre 2002, Germain Séhoué)

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