Côte d’Ivoire/ Les compagnies d’électricité, d’eau et l’argent des ivoiriens

Société

REGARDS DE GITE Gabin

L’eau et l’électricité, pour sûr, sont des piliers indispensables à toute vie moderne. N’en disconvenons même pas. Ce qui est préoccupant et inquiétant, c’est la qualité du service fourni par toutes ces entreprises de consommation publique. Disons, une fourniture de service cavalière et désobligeante parfois, mais alors bien des fois irrespectueuse vis-à-vis des consommateurs que nous sommes. Ivresse d’un monopole ou laxisme patent dû à l’absence de toute concurrence ?

1/ L’ELECTRICITE :

De quand datent les infrastructures électriques en Côte d’Ivoire ? La question est loin d’être inutile, tant nous sommes habitués au quotidien de voir les agents-techniciens de la compagnie d’électricité, tels des médecins après la mort ou des policiers après le crime, accourir vers tel ou tel poste de transformateur, pour des dépannages qui durent des jours, ce qui implique une coupure obligatoire et imposable à tous les consommateurs, parfois sans information préalable ou avertissement.

Un agent de la CIE

Dans le département où je vis, c’est d’une façon récurrente que les techniciens électriciens nous disent qu’en tel lieu, la panne électrique est due à un python qui est entré dans le transfo et en bloque le fonctionnement. Toujours. Question, déjà, à ce niveau : pour une entreprise qui engrange des milliards par mois, qui paye pour les dégâts divers subis par tout consommateur ? Des dégâts allant des appareils électro-ménagers en nos différentes habitations aux produits congelés de grande consommation (lait, viande, poissons, légumes…), tant au niveau domestique que dans les petits, moyens et grands commerces ? D’un.

Deuxièmement, je ne sais pas si c’est le même cas partout ailleurs : dans la ville que j’habite, il y a au moins, pour ce que j’ai pu compter, six poteaux électriques proches d’habitations ou de lieux très fréquentés. Des poteaux en bois ou en béton qui sont cassés pour certains, déracinés pour d’autres et qui sont dangereusement penchés, avec des fils de haute tension qui flottent à basse altitude. Ce, depuis des mois et des années. Que se passe-t-il pour qu’une telle inaction perdure ? Et ce n’est pas tout, l’acquisition d’un compteur électrique relevant actuellement de l’impossible pour tout foyer modeste ou pauvre, qu’il est effarant, le nombre de branchements anarchiques dans nos quartiers populaires ! Des branchements qui menacent aussi dangereusement la vie des citoyens.

Troisièmement, la facturation de la consommation en électricité. Des fois où vous estimez avoir consommé le moins puisqu’en vérité vous avez enduré, malgré vous, un grand nombre de coupures, votre facture grimpe et est plus élevée que celle où vous reconnaissez que la fourniture de service a été plus performante. Erreurs et pagaille au détriment du consommateur qui, bien souvent, est dans l’obligation de payer !

Quatrièmement, le recouvrement des factures par cette compagnie. Comme par combine, cela est devenu un folklore de s’entendre dire à la caisse de règlement de votre facture ‘’y a pas de réseau, veuillez régler votre facture par Orange money’’. Pourquoi la compagnie d’électricité n’attend pas le rétablissement du réseau, à défaut d’un recouvrement manuel à la caisse, pour m’intimer de façon cavalière, le recours à Orange money ? Pourquoi, pourquoi ? Ou alors, quel deal ces deux compagnies ont passé à l’insu du consommateur que je suis ? Oui, deal, dans la mesure où le consommateur qui recourt à Orange money pour régler sa facture paye forcément quelque chose en plus, au moins cent francs, en plus des frais d’envoi. A qui profite tout le surplus, sachant qu’en Côte d’Ivoire, nous sommes des milliers et des milliers de consommateurs d’électricité ? Non, je dénonce et je refuse cette grossière arnaque !

2/ L’EAU :

Comme dans le cas de l’électricité, l’innovation des installations et la fourniture régulière de l’eau au quotidien sont à la peine. Sans volonté de dénigrement gratuit, j’ose affirmer que je suis un consommateur perdu au sein de millions d’autres consommateurs à qui, la société dévolue à cet effet, sert de l’eau pleine de ‘’rouille’’, tellement la qualité des produits chimiques pour l’assainir est décriée par les consommateurs. Là-dessus, je déplore simplement que le consommateur que je suis, ne dispose d’aucun moyen ou outil technique ou scientifique pour tester la qualité de cette eau qui parfois dégage de très mauvaises odeurs ou crée des démangeaisons après le bain.

L’eau courante

S’agissant de la facturation et du recouvrement, les capacités d’accueil ou de réception étant très réduites (pareil pour l’électricité), le consommateur est toujours livré à de la gymnastique. Oui, c’est vrai qu’ils existent, les fraudeurs, et ils gagneraient à être punis de façon exemplaire, comme tous les voleurs ! Mais infantiliser le client ou le consommateur bon payeur par ces histoires endormantes de réseau défaillant, ce n’est pas normal.

En définitive, tout ça n’est pas fait pour plaire au consommateur que je suis, bien que quantité négligeable. Mais la présente contribution qui dénonce un complot d’exploitation financière abusive, s’adresse d’abord à tout consommateur et à tout scientifique ivoirien. Au consommateur ivoirien, le rôle de protester ou de dénoncer, d’agir, d’approcher juristes et parlementaires pour avertir ou pour faire condamner toute oligarchie véreuse ou tout monopole défaillant. Au scientifique ivoirien, le rôle de créer des moyens techniques ou scientifiques (tests de contrôle et/ou logiciels ?) pour endiguer toutes sortes d’abus ou d’escroqueries financières au détriment du consommateur ivoirien qui ploie sous le poids de monopoles dépassés et du passé. Proposition n’est pas intimation d’ordre à autrui. D’ailleurs, vivement la Côte d’Ivoire nouvelle !

Gabin DJITE.

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