Côte d’Ivoire/La parole de Ouattara pénalise la vie… : le cas du retour de Gbagbo

Politique

Jamais, à notre connaissance, parole de chef d’Etat n’a été aussi problématique que celle d’Alassane Ouattara. Problématique pour la vie de la nation ivoirienne. Alors que dans la presse française, Le Monde du 24 octobre 2020, Ouattara s’est dit favorable au retour du président Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire après la présidentielle du 31 octobre 2020 : « Je compte prendre une décision qui facilite son retour », voilà qu’après la réception de ses passeports, il n’y a pas encore une lisibilité sur ce retour. Alors que certains des partisans de l’ancien président de la République fondaient leur espoir sur la date du 20 décembre 2020 pour accueillir leur leader, le régime n’a pas encore donné son feu vert pour que Gbagbo remette les pieds dans son pays.

Or, le 4 décembre 2020, Me Habiba Touré, avocate du président Gbagbo avait annoncé clairement la volonté du Woody de Mama de rentrer maintenant dans son pays : « Ayant maintenant son passeport, il envisage de rentrer en Côte d’Ivoire, au cours du mois de décembre 2020, et a désigné à cet effet, le Ministre Assoa Adou, Secrétaire Général du Front Populaire Ivoirien (FPI), pour approcher les autorités compétentes afin d’organiser son retour dans la quiétude conformément à son statut d’ancien Président de la République. »

Les président Laurent Gbagbo et Alassane Ouattara

Mais le mois de décembre est en train de finir. Et la versatilité de la parole d’Alassane Ouattara continue de frustrer là encore les populations qui attendent leur référent. Et cela, de la même façon qu’elle a meurtri les Ivoiriens en 2020 en violant la Constitution pour aller aux élections présidentielles alors qu’elle avait mille fois promis qu’elle n’y irait pas. De la même manière elle a choqué le monde quand elle s’est mise à combattre la Constitution de 2000 qu’elle avait pourtant appelée à voter sous le Général Robert Guéi. La rébellion du 19 septembre 2002 alors conduite par Guillaume Soro pour Alassane Ouattara a mené ce combat dont nous connaissons les dégâts. De la même façon que nous connaissons les dégâts du viol de la Constitution en 2020.

Que craint encore le chef de l’Etat?

La parole de Ouattara n’est pas amie à la paix ivoirienne. C’est elle qui met toujours les Ivoiriens dans l’embarras, l’inquiétude, l’incertitude ou les pleurs. Les gens voulaient fêter leur fin d’année avec le retour de leur leader. Ouattara avait promis qu’il permettrait à Gbagbo de rentrer après lui-même son élection. Maintenant qu’il dit qu’il est élu, il se fait prier pour tenir sa promesse. Et on se rend compte que tout ce que disaient ses collaborateurs : le Premier ministre Hamed Bakayoko, le ministre Mamadou Touré sur les bonnes dispositions du régime à organiser le retour de Gbagbo, ne visait qu’à flatter ses partisans et à baisser la tension. Maintenant que la tension a baissé, plus question du retour de Gbagbo. On se prépare pour les législatives.

Voilà à peu près comment la parole d’Alassane Ouattara rend la vie difficile en Côte d’Ivoire. Chaque fois qu’il révoque sa parole, Ouattara pénalise la cohésion sociale, par des frustrations considérables.

Germain Séhoué

Spread the love
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •   
  •   
  •   
  •  
  •   
  •   
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
19 − 12 =