CACI: La désobéissance civile est un devoir de conscience pour les Ivoiriens

Politique

LA DESOBEISSANCE CIVILE EST UN DEVOIR DE CONSCIENCE POUR LES IVOIRIENS ET IVOIRIENNES 

A la suite de l’Arrêt du Conseil Constitutionnel en date du 15 septembre 2020 qui entérine la candidature inconstitutionnelle de M. Alassane Dramane Ouattara à l’élection présidentielle d’Octobre 2020, les partis politiques de l’Opposition en Côte d’Ivoire ont appelé les populations ivoiriennes à la désobéissance civile pour atteindre les objectifs qui suivent

  • Le retrait de M. Alassane Ouattara de la liste des candidats
  • La dissolution de la Commission Electorale Indépendante et du Conseil Constitutionnel   
  • L’audit de la liste électorale
  • La libération des prisonniers politiques et le retour des exilés.   
Eric EDI, CACI

Le Comité d’Actions pour la Côte d’Ivoire (CACI) fait sien cet appel qui réaffirme la volonté des Ivoiriennes et Ivoiriens à vivre dans la cohésion, la paix, la réconciliation, et à utiliser des méthodes de lutte pacifique.

Le CACI félicite les partis politiques et les leaders qui ont lancé le mot d’ordre, invite ceux et celles qui n’ont pas encore rallié la cause de le faire instamment, et encourage les jeunesses des partis et des organisations de la société civile, les syndicats, les enseignants, les vendeurs et vendeuses, les agriculteurs, les consommateurs, les membres des clergés à appliquer la désobéissance civile.

Le CACI adhère au mot d’ordre de la désobéissance civile à cause des raisons qui suivent.

  1. La candidature de M. Alassane Dramane Ouattara et les agissements de son régime créent un précédent grave dans la culture politique en Côte d’Ivoire. La notion de « remise à zéro des compteurs due à un changement de la Constitution est une dérive qui encourage le non-respect des lois ivoiriennes, favorise l’incivisme, et crée les germes d’une nouvelle guerre.
  • Depuis juillet 2000, la Loi fondamentale ivoirienne, dans la lettre et l’esprit, limite à deux le nombre de mandats à la tête de l’Exécutif. Les acrobaties juridiques qui foisonnent des officines du pouvoir relèvent de la provocation et la violation des droits civiques, politiques et culturels des Ivoiriens.
  • A la date du 31 octobre 2020, c’est fini. M. Alassane Dramane Ouattara n’a plus le droit de figurer sur une liste de candidats et de conduire un processus électoral. L’idée d’avoir des élections inclusives ne veut pas dire y inclure M. Alassane Dramane Ouattara.
  • La structuration inéquitable de la Commission Electorale, l’inféodation du Conseil Constitutionnel au régime au pouvoir, les fraudes sur les listes électorales, et le rejet des candidatures de certains leaders, les repressions violentes des manifestations de l’opposition, les enlèvements, arrestations et emprisonnements des opposants et opposantes politiques indiquent que les conditions d’une élection transparente, ouverte, crédible, et apaisée ne sont pas réunies.
  • La désobéissance civile confirme l’inévitabilité d’une transition politique, seule alternative crédible aujourd’hui pour assainir l’environnement politique, économique, et social dans notre pays.     

Pour ces raisons, la désobéissance civile s’adresse à tout le monde. C’est « un acte public, non violent, décidé en conscience, mais politique, contraire à la loi et accompli le plus souvent pour amener un changement dans la loi ou bien dans la politique du gouvernement. » (John Rawls). C’est un « devoir sacré quand l’État devient hors-la-loi ou corrompu. » (M. Ghandi). 

Dans le contexte de la Côte d’Ivoire aujourd’hui, la désobéissance civile s’adresse aux Ivoiriennes et Ivoiriens à tous les niveaux. C’est un devoir de conscience. Elle se décline comme suit :

  1. Toi militaire, policier, policière, commando, gendarme, douanier, agents des eaux et forêts, ton devoir est de protéger la population et non la brimer. Refuse d’exécuter tout ordre illégal au risque d’en être reconnu coupable demain.
  2. Toi membre de confessions religieuses musulmane, catholique, protestante, évangélique, bouddhiste, harriste, dehima, ou pratiquant des religions traditionnelles africaines, tu as le devoir de quitter ton lieu de culte si tu y vois entrer un membre du régime inique de M. Alassane Ouattara
  3. Toi qui fréquentes les maquis, change de place ou de maquis si tu aperçois à une table près de toi et tes camarades des soldats du 43ème BIMA ou des membres du régime de M. Alassane Ouattara. En te déplaçant, dis haut et fort un tchrrrrrrrrou ou un « houm » sans dire le nom de quelqu’un.  
  4. Toi membre de syndicats des enseignants, obéis au mot d’ordre de journée sans enseignement ou utilise ton temps d’enseignement pour former les jeunes au civisme, au respect des lois et a la critique du régime en place
  5. Toi élèves et étudiants, tu es membre d’une corporation qui a écrit les belles pages de l’histoire du multipartisme et de la démocratie dans notre pays. Ton et ta mission sont clairs : boycotter pacifiquement les enseignements à l’appel de ton syndicat. Joins-toi au sit-in pacifique, silencieux, dans la cour de l’école. Organise des groupes pour envoyer des lettres et des courriers a ton proviseur pour réclamer l’État de droit. Une école nouvelle, un enseignement meilleur requiert un régime démocratique.
  6. Toi qui vends de l’attiéké ou des galettes ou tout autres mets, sers d’abord les clients qui servent la cause ivoirienne avant de servir plus tard ceux et celles qui servent et soutiennent le régime en place.
  7. Toi qui vends dans les marchés, en bordure des routes, tu vends de l’eau, de l’attiéké, du mais, de la banane braisée, joins-toi aux autres vendeurs et vendeuses en groupe, ne payez pas la taxe journalière du marché où vous exercez votre commerce.
  8. Toi le leader politique, refuse de prendre part à une élection truquée qui porte les germes d’une crise.
  9. Toi le leader religieux, le prêtre, le pasteur, l’imam, ne retiens pas ta langue. Professe la justice. Dénonce publiquement avec tes pairs et tes collègues les agissements du régime.
  10. Toi parent d’élève, ne paies plus les cotisations des COGES

Pour le CACI

Eric Edi, PhD, Secrétaire Exécutif

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