Arrestation et remise en liberté de Germain Séhoué : les faits

Société

Germain Séhoué, Directeur de publication de votre site d’informations générales LHORIZONINFO.NET avait été arrêté au commissariat de Duékoué le mercredi 13 octobre 2021 et remis en liberté au Tribunal de Guiglo, le lendemain 14 octobre 2021. Il est libéré mais la procédure continue puisqu’il doit comparaître à l’audience du 23 novembre 2021 à Guiglo. Que s’est-il passé ? Après sa libération, nous en savons un peu plus sur les faits.

Le mercredi 13 octobre, en partance pour Bangolo, Germain Séhoué emprunte un car de 70 places faisant la liaison Abidjan-Man. Départ 9h. Mais pendant le parcours, il dit avoir « constaté des faits stupéfiants » dans le car, du côté du conducteur. Quels faits ? Le chauffeur faisait un usage exagéré et dangereux du téléphone au volant. « Il composait lui-même des numéros sur son portable et appelait, il recevait également des appels ». Chose interdite. De même, selon Germain Séhoué, « le chauffeur fouillait son portable, au volant, comme si l’on naviguait. Ensuite, quand il ne faisant pas cela, il écoutait la musique avec des écouteurs branchés à son deuxième téléphone. Il dansait de la tête, applaudissait ou tapait sur le volant du mastodonte en vif mouvement ».

Toujours selon lui, il n’était pas assis trop loin du conducteur et voyait le danger que tous les passagers derrière le chauffeur ne voyaient pas. Et ne pouvant pas lui parler au volant parce que c’est interdit, il filme « une toute petite séquence » de la scène qu’il finit par publier sur Facebook. Il dit avoir publié afin que cela fasse prendre conscience à un maximum de conducteurs et de leurs compagnies-employeurs pour réduire nombre d’accidents, et donc de morts sur nos routes. Mais selon Germain Séhoué, cette scène s’est répétée du côté du chauffeur durant tout le long voyage. Et quand plus tard, le chauffeur a encore décroché le téléphone et qu’il a appris qu’il y avait une vidéo de lui qui circule sur les réseaux sociaux, il s’est mis à maudire à haute voix la personne qui a posté la vidéo. Il demande aussi à ses correspondants au téléphone de lui envoyer la photo de l’auteur de la vidéo qu’il va enverrait à son père au village et la personne qui a fait cela va mourir dans les 48 heures. « Quand il répétait cela et lançait des malédictions, je lui ai dit : mon petit, ne te fatigues pas à chercher une photo de la personne, c’est moi-même, à côté de toi. C’est moi qui ai posté la vidéo ».

Et il a continué en disant « c’est avant que je ne n’ai pas bien appelé et qu’on prend ma vidéo, maintenant je vais bien appeler…  Et il fait zigzaguer le véhicule d’une voie à l’autre et menace de saisir le prochain poste de police. C’est ainsi qu’arrivé à Duékoué aux environs de 20h, il immobilise le car et entre au commissariat. Quelques instants après, il vient avec un agent me chercher. Quand le Commissaire et son équipe nous ont écoutés séparément, ensuite, ensemble et qu’ils ont visionné la vidéo et que le Commissaire a fait voir la vidéo au Procureur, il nous a gardés. Le plaignant et moi-même, on nous a jetés derrière le comptoir du poste de police. Nous sommes arrêtés. Lui, pour usage de téléphone au volant et moi, pour avoir diffusé son image sans son consentement. C’est donc le lendemain, jeudi 14 octobre qu’on a été transféré au Tribunal de Guiglo où, aux environs de 15h, nous avons été remis en liberté pour un rendez-vous à l’audience du 23 novembre 2021. Tout s’est bien passé. Ce qui est intéressant, c’est que nous n’avons pas été brutalisés à Duékoué et à Guiglo, Madame le Proviseur s’est montrée pédagogue, se prêtant aux questions pour permettre de mieux expliquer les choses. La mobilisation des journalistes a été exemplaire et je dis merci à tous les confrères, le président de l’UNJCI et les correspondants, particulièrement ceux de Duékoué et Guiglo».

Suzanne Assalé

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