André Sérikpa (5e Adjoint au Maire de Koumassi): “« Vous ne pouvez pas être à un mètre d’un bâtiment qui doit être détruit et dire que vous n’êtes pas concerné »

Société

Sérikpa Zokou André est 5e Adjoint au maire de Koumassi. Il apporte la lumière relativement aux affrontements consécutifs au déguerpissement dans la zone de Koumassi Divo-Fanny vendredi 12 novembre2021.

Qu’est-ce qui a provoqué les affrontements de vendredi 12 novembre dans la zone de Koumassi Fanny ?

Au quartier Divo et dans la zone de la Pharmacie Fanny, il y a des travaux à faire. A l’occasion de la dernière pluie, nous avons constaté que des gens avaient obstrué encore les passages d’eau fluviale par des installations anarchiques en bordure de route. Avec cette pluie-là, tout Koumassi n’était pas inondé, mais cette zone a été inondée. Et ce sont les populations elles-mêmes qui sont arrivées à la mairie pour nous demander de sauver leur quartier. Et lorsque nous avons dépêché les services techniques là-bas, ils ont découvert que les gens avaient obstrué des passages d’eau encore. Donc pour nous permettre de faire un travail de qualité, nous avons souhaité déguerpir ces occupations. Mais des opposants politiques de Koumassi s’en sont mêlés en lançant l’alerte dans le quartier, disant que la machine a tué des gens, alors qu’il n’en était rien. Sinon qu’on nous montre le corps de la personne qui a été tuée. Aucune personne n’a été tuée. C’est ce mauvais message qui a alerté les jeunes gens et qui a provoqué des échauffourées, sinon en réalité, il n’y a eu aucun mort. On a seulement replié, on a demandé à la machine d’arrêter les travaux pour éviter de grabuges. Or, c’est dans leur intérêt que nous avons entrepris ces travaux. Sinon, qu’un parent vienne nous signaler s’il a perdu un enfant ou un proche sur les lieux. On peut ne pas le savoir, alors que les gens viennent à la mairie pour nous informer. »

Certains disent ne pas avoir été informés, qu’ils ont été surpris…

« Si nous voulons écouter cela, Koumassi ne serait pas ce Koumassi d’excellence aujourd’hui. Les gens ne disent pas toujours la vérité. Comment une mairie aussi organisée, avec des intellectuels et à sa tête un juriste, enseignant de Droit à l’Université, va se lever pour aller dire aux gens, allez casser, sans envoyer des documents pour prévenir les populations concernées ? Ce n’est pas possible. Ailleurs cela peut se faire mais pas à Koumassi. On ne peut pas agir de la sorte. Il y a longtemps, même très longtemps qu’on les a informés. Mais ce sont les mêmes personnes qui sont venues nous voir pour nous dire : vous avez délaissé notre quartier et le quartier a été inondé. Ce sont les mêmes habitants de là-bas qui nous ont sollicités alors qu’on avait un projet pour la zone. On savait qu’il y avait des problèmes techniques dans cette zone, mais ce sont les délégations qui sont venues à la mairie pour nous voir pour nous dire que notre quartier a été inondé. Mais, nous, nous ne voulons pas que les quartiers soient inondés. Certes, ils font leurs petits commerces, mais si ces commerces obstruent les passages d’eau, on fait quoi, nous mairie de Koumassi ? Nous, nous prenons nos responsabilités comme nous les avons prises ailleurs. C’est vrai aussi qu’on ne peut pas faire des omelettes sans casser les eux.

Selon un homme de Dieu, un agent de la mairie l’a rassuré que son église n’est pas concernée, il n’a donc pas pris de disposition pour déplacer son matériel, mais à sa grande surprise, le Caterpillar débarque et détruit le temple et son contenu…

Nous sommes des humains. La mairie répond aux préoccupations des populations. Ces populations qui émettent le vœu d’élire un maire. Donc nous, s’il y a une église, un lieu de culte où on loue le Seigneur qui a été détruit, nous disons Yako aux responsables de l’église. Mais autant les églises sont cassées, autant les mosquées sont cassées. Les gens ne pensaient même pas qu’on allait casser des mosquées parce que les gens pensaient que Bacongo étant musulman… mais c’est mal le connaitre et c’est mal connaitre l’équipe. Parce que s’il casse les églises et laisse les mosquées, nous sommes les adjoints, nous allons réagir tout de suite. Les décisions se prennent ensemble en réunion de la municipalité. Ce n’est pas Bacongo seul, il ne peut pas décider de faire ceci ou cela, s’il n’a pas l’aval, l’accord de ses collaborateurs, ses adjoints. Il y a le maire et des six adjoints, ça fait sept personnalités à la municipalité qui prennent les décisions. Donc, il y a des musulmans qui sont venus nous voir pour dire : vous avez cassé ma mosquée. On a dit oui, la mosquée même était sur la route. Donc il y a des gens qui mettent des églises en bordure de route sans aucun document, sans aucune autorisation. Mais il faut tout de même qu’on mette de l’ordre.

La population vous reproche de casser des habitations et des petits commerces et de construire à la place des magasins extrêmement chers que vous vendez à la même population.

Là, je peux dire que ces personnes ont leur raison. Mais nous, avant de mettre les magasins, on prend des dispositions pour ne pas que ces magasins soient inondés. Eux, dans leur précarité, la zone est inondée. Mais nous, avant de mettre les magasins, on fait d’abord des travaux pour éviter que les magasins que nous allons construire soient inondés. Mais c’est évident, on le dit régulièrement, que ces magasins sont chers. On a eu beaucoup d’appels, beaucoup de plaintes à ce niveau. Et au niveau de la municipalité, nous sommes en train d’étudier la question pour essayer de réduire les prix pour permettre aux populations de Koumassi d’avoir des magasins à moindre coût. Il y a eu déjà deux réunions dans ce sens.

Avant de passer au déguerpissement, qui envoyez-vous sur le terrain vers les populations ?

Nous avons instruit le service technique de faire des mises en demeure sur toute la zone.

Mais comment cela peut se faire qu’on dise à quelqu’un que « ta maison ou ton magasin n’est pas concerné » et que deux jours ou trois jours plus tard, il surprenne le Caterpillar en train de tout broyer chez lui ?

Moi, Sérikpa, en tant qu’adjoint au maire, je dis : je ne suis pas témoin du comportement d’un agent de la mairie sur le terrain. Un agent qui est scrupuleux dans son travail, ne doit pas dire à un voisin qui reçoit une mise en demeure et dont le bâtiment est contigu à un autre d’un mètre que non, toi, tu n’es pas concerné. Ça, ce sont des attitudes qu’on voit un peu partout. Mais dès que nous sommes informés, on prend des sanctions. Sinon, vous ne pouvez pas être à un mètre d’un bâtiment qui est concerné et qui doit être détruit, et vous, on va vous dire que vous n’êtes pas concerné. L’agent qui dit cela doit assumer avec sa conscience. C’est méchant et moi je condamne cela fermement. Si on le prend, il va être radié de la mairie, il peut même aller en prison. On ne peut pas dire à quelqu’un qui est à un mètre de celui qui est concerné, que lui n’est pas concerné, pourquoi ! Sinon pourquoi on fait des tracés et qu’on envoie dans la zone concernée avant toute chose ? C’est méchant, c’est un abus, c’est trahir la conscience des riverains au lieu de leur dire la vérité. Or, sa mission, c’est d’informer convenablement les gens, c’est de dire la vérité aux gens.

Germain Séhoué

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2 thoughts on “André Sérikpa (5e Adjoint au Maire de Koumassi): “« Vous ne pouvez pas être à un mètre d’un bâtiment qui doit être détruit et dire que vous n’êtes pas concerné »

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