Ahoua Don Mello analyse la décision du Conseil constitutionnel

Politique

Par le Ministre Ahoua Don Mello

CÔTE D’IVOIRE, SUR LES RAILS DE LA DÉMOCRATIE

Le Conseil Constitutionnel de Côte d’Ivoire a donné, le 14 Septembre 2020, la liste des candidats pouvant se présenter aux élections présidentielles du 31 octobre 2020. Sans surprise, le Conseil Constitutionnel a éliminé Laurent GBAGBO, le premier de la classe politique ivoirienne selon les résultats officiels du premier tour des élections inclusives de 2010 au profit du second, Alassane OUATTARA. En opposant Monsieur OUATTARA à Monsieur BEDIÉ, qui fut troisième aux élections de 2010, l’institution pense donner à Monsieur OUATTARA une chance de gagner ces prochaines élections. Analysons la réalité.

LA RÉALITÉ DE LA CARTE POLITIQUE IVOIRIENNE

L’élection Présidentielle de 2010, la plus inclusive depuis 10 ans, donne la réalité du terrain politique de la Côte d’Ivoire. Les résultats officiels non contestés du premier tour des élections de 2010 donnaient :1. Laurent GBAGBO : 38,04%2. Alassane OUATTARA ; 32,07%3. Aimé-Henri KONAN-BEDIE : 25, 24%Ainsi, l’addition mécanique des voix de Monsieur OUATTARA (deuxième de la classe) et de Monsieur BEDIÉ (troisième de la classe), a justifié la fraude au deuxième tour des élections et cette forfaiture d’attribuer la victoire à Monsieur OUATTARA par l’ONU. En réalité le taux d’abstention élevé des électeurs de Monsieur BEDIÉ (troisième) a donné la victoire à Laurent GBAGBO (premier) qui a été évincé du pouvoir par les forces armées françaises au profit de Monsieur OUATTARA (deuxième).En 2015, le nombre d’électeurs est passé de 5 784 490 à 6 301 189, soit un accroissement de 516 699 votants essentiellement composés de nouveaux majeurs. La population électorale n’a donc pas subi de modifications significatives.

En 2020, la Commission électorale indépendante (CEI) annonce une liste provisoire de 7.500.035 d’électeurs en attendant la liste définitive, soit un accroissement de 1 198 846 dont 904 245 nouveaux électeurs. Les nombreuses inscriptions avec des identités frauduleuses pour sauver le poids politique de Monsieur OUATTARA face à l’extraordinaire mobilisation des nouveaux électeurs due à l’annonce de l’acquittement de Laurent GBAGBO, a permis un rééquilibrage tardif. Korhogo, Bouaké et Yopougon ayant enregistré le plus grand nombre de nouveaux inscrits, sont en même temps, les fiefs des trois grands. Il convient donc de faire l’hypothèse d’une répartition homogène des nouveaux inscrits. La progression de la popularité de Laurent GBAGBO, face à l’injustice qu’il subit, fait toujours de lui, sans aucun doute, le premier de la classe. Malgré cette augmentation certaine de son poids électoral, nous n’utiliserons, pour notre analyse, que son poids de 2010 sur l’échiquier politique ivoirien.

En revanche, l’électorat du second, Alassane OUATTARA, a connu une tectonique avec le détachement de sa branche armée muée en parti politique et les nombreux dissidents et déçus en son sein notamment à Korhogo, Ferké, Abobo et Bouaké. Si nous faisons l’hypothèse minimaliste d’une réduction approximative du tiers de son électorat, le poids politique d’Alassane OUATTARA ne peut donc excéder 20% de l’électorat national.

ANALYSE DES SCÉNARIOS DES ÉLECTIONS DE 2020S

CÉNARIO I: LE TRAIN DE LA DÉMOCRATIE EN MARCHE

L’exclusion du premier de la classe et le caractère partisan de la Commission Électorale Indépendante (CEI) révoltent la population et aboutissent à l’impossibilité pour le gouvernement d’organiser les élections. La CEI est reformée, une liste inclusive de candidats remet le premier de la classe en scelle. Dans ce premier cas, Ouattara est incapable de franchir la barre des 20% et ne peut pas non plus inverser les résultats en sa faveur.

L’élimination de Monsieur OUATTARA du pouvoir par les urnes ouvre la porte de l’alternance, étape fondamentale pour un processus démocratique et positionne la Côte d’Ivoire sur les rails de la démocratie. Le train de la démocratie est en marche.

SCÉNARIO II : LE TRAIN DE LA DÉMOCRATIE S’IMMOBILISE.

Malgré la mobilisation des forces politiques et la société civile, le gouvernement ne recule pas et organise les élections. Le premier de la classe (Laurent GBAGBO) décide du boycott de l’élection. La compétition se déroule entre Monsieur OUATTARA (le deuxième) et Monsieur BEDIÉ (le troisième) et les challengers (Pascal AFFI, et Kouadio K. Bertin).L’électorat du deuxième (Monsieur OUATTARA) amputé de celui de sa branche armée et des dissidents, perd les élections dans les urnes face à l’électorat captif de Monsieur BEDIÉ qui fédère tous les dissidents du RHDP. Ce deuxième cas ne laisse aucune chance au dissident du PDCI ni à Monsieur OUATTARA. Malgré tout, Monsieur OUATTARA s’autoproclame vainqueur des élections par inversion des chiffres en transformant la CEI et le Conseil Constitutionnel en chambre d’enregistrement des résultats inversés et dictés par ses soins aux institutions électorales. Mais l’Équipe de campagne de Monsieur BEDIÉ, ayant tiré les leçons du passée, a su s’organiser pour lutter contre la fraude et avoir tous les procès-verbaux des CEI locales pour prouver la défaite de Monsieur OUATTARA et la victoire de Monsieur BEDIE. Une crise électorale s’ouvre avec deux Présidents et des affrontements civils. L’arbitrage se fait par la CEDEAO appuyée par l’UA et l’ONU. La France qui dispose de tous les leviers militaires, diplomatiques et économiques s’investit et reconnait par le biais de son ambassadeur, la victoire de son poulain au nom du respect des institutions républicaines. Le train de la démocratie reste immobile et le drame de la Côte d’Ivoire se poursuit avec des crises à répétition, des emprisonnements, des enlèvements et des exécutions sommaires.

SCÉNARIO III : TOUS LES PASSAGERS À BORD DU TRAIN DE LA DÉMOCRATIE

Le gouvernement n’accède pas aux revendications de l’opposition et le premier de la classe appelle à une opération Tout Sauf OUATTARA ou soutient un candidat de l’opposition. Un raz de marée électoral conduit au triomphe de l’opposition dans les urnes avec toutes les preuves en main. Monsieur OUATTARA tente de faire enregistrer par la CEI et le Conseil Constitutionnel l’inversion les résultats. Dans ce troisième cas, face à la mobilisation populaire qui réclame la victoire, Monsieur OUATTARA est contraint de reconnaître sa défaite sous la pression du peuple ivoirien et de la communauté internationale qui préfère conserver un minimum de crédit face à l’opinion publique. Le peuple prend d’assaut le train de la démocratie.

Le ministre Ahoua Don Mello

SCÉNARIO IV : LE TRAIN DE LA DÉMOCRATIE EN PROVENANCE DU MALI

Ce scénario peut se produire pendant la période pré ou postélectorale :Monsieur OUATTARA refuse toute concession pour des élections inclusives ou refuse de reconnaître sa défaite dans les urnes. Face à l’intransigeance des deux camps, Monsieur OUATTARA est contraint à la démission par son armée qui refuse de l’accompagner dans sa voie mortifère. Une période de transition s’ouvre. Le train de la démocratie en provenance du Mali arrive en Côte d’Ivoire.

SCÉNARIO V : L’EXPLOSION DU TRAIN DE LA DÉMOCRATIE

Ce scénario peut se produire pendant la période pré ou postélectorale :Monsieur OUATTARA refuse toute concession pour des élections inclusives ou refuse de reconnaître sa défaite dans les urnes. Face à l’intransigeance des deux camps, une rébellion, appuyée par des mouvements djihadistes, éclate et s’ouvre une période de guerre civile et d’attentats à la bombe. Le djihadisme s’installe en Côte d’Ivoire. On sait quand il s’installe mais on ignore sa date de départ. Le train de la démocratie explose et se disloque et la Côte d’Ivoire vit des drames à répétition.

CONCLUSION :

Des cinq scénarios possibles, seuls les scénario II et V (Le train de la démocratie s’immobilise et l’explosion du train de la démocratie) présentent une certitude à la poursuite des drames que vit la Côte d’Ivoire par une ambition aveuglante. Le destin de la Côte est entre le meilleur et le pire. Ce destin ne sera que l’œuvre des ivoiriens eux-mêmes. Aucune ambition ne vaut la survie de la Côte d’Ivoire et la vie des ivoiriens.

Le Ministre Ahoua Don Mello.

Source: Mille Claude Mrandjo du #REZOPANACOM

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