18 février 1992 : Le jour où Laurent Gbagbo échappe à la mort: son témoignage

Politique

LAURENT GBAGBO RACONTE LE 18 FEVRIER 1992:

[Laurent Gbagbo est refugié au sous sol d’un immeuble du Plateau]: “Des militaires sont arrivés. Ils m’ont encerclé. Il y en a un qui a sorti son pistolet automatique qu’il a pointé vers moi. [Ceux qui ont lu mon compte rendu de la cérémonie de commémoration de cette date qui s’est déroulée à Accra avec les cadres FPI comprenne qu’il s’agit de Detho Letho].
“Je l’ai regardé avec beaucoup de détachement et de pitié. Seigneur, pardonne leurs car ils ne savent pas ce qu’ils font”. [Laurent Gbagbo lui pardonnera en effet puisque ce même Detho sera promu General et chef des opérations terrestres de l’armée ivoirienne].
“Sur ce est arrivé un groupe de gendarmes [hommage au Colonel Baté, aujourd’hui à la retraite qui conduisait ce groupe de gendarmes] qui a bousculé les militaires, m’a encerclé ; et m’a protégé. Ils m’ont extrait du sous sol pour me conduire au commandement supérieur de la gendarmerie qui n’était pas loin. Les militaires aboyaient, hurlaient ‘’ tuez le ! Tuez-le ! On veut le tuer !’’.
“Quand je les regardais hurler je me disais c’est comme cela que sont morts Lumumba et Ben Barka’’.
“C’était ma seule pensée. Ce jour la, j’ai cru que les militaires allaient prendre le pouvoir car s’ils me tuaient, il y allait avoir la réplique de la rue. Pour éviter d’être jugés, ils allaient devoir prendre le pouvoir pour se protéger eux-mêmes.”

SIMONE LA COMBATTANTE

« Mon épouse m’a raconté plus tard qu’au même moment on criait : ‘’ tuez la !’’. “Elle a été battue jusqu’à ce qu’elle perde connaissance. Transportée au camp Gallieni, elle y a été encore plus sauvagement battue. Quand elle s’est réveillée, elle était à l’hôpital avec les vertèbres cervicales endommagées. Elle nous a rejoints plus tard en prison avec une minerve. Ce jour était pour moi un jour de tristesse en pensant à la Côte d’Ivoire, mais aussi un jour de gloire pour les combattants de la liberté et de la démocratie. J’étais convaincu que c’était le prix à payer pour que nous ayons la démocratie et le pouvoir. J’ai compris ce jour la que je serai Président de la République et que plus rien ne pouvait m’arrêter ».

Extrait du documentaire « Laurent Gbagbo, la force d’un destin 1945-2000 » du cinéaste Henri Duparc

source: IvoireBusiness

Spread the love
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •  
  •   
  •   
  •   
  •  
  •   
  •   
  •  

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Résoudre : *
13 × 14 =